Une histoire de passion et de transmission
Depuis sa fondation en 1929, le Théâtre des Marionnettes de Genève n’a cessé d’évoluer, porté par l’engagement de celles et ceux qui l’animent.
Marcelle Moynier (1929–1980), une vision fondatrice
En 1929, Marcelle Moynier découvre l’art de la marionnette lors d’un spectacle du Teatro dei Piccoli au Grand Théâtre de Genève. C’est une révélation. Elle fonde alors la compagnie Les Petits Tréteaux, ancêtre du TMG. La troupe se produit d’abord à l’Athénée, puis s’installe en 1941 dans le salon de son hôtel particulier à la rue Constantin, transformé en salle de spectacle. Sous son impulsion, le théâtre gagne rapidement en reconnaissance, jusqu’à représenter la Suisse à l’Exposition universelle de Paris en 1937. En 1971, l’institution se structure en fondation et obtient ses premières subventions publiques.
Nicole Chevallier (1980-1991) :
nouvelles techniques et nouveau lieu
Après le départ de Marcelle Moynier, le TMG poursuit sa transformation sous la direction de Nicole Chevallier, membre de la troupe depuis 1965. Elle introduit de nouvelles techniques de manipulation, notamment les marionnettes à tiges, et crée le Théâtre ambulant, une branche itinérante qui sillonne le canton de Genève pour aller à la rencontre des écoliers avec une troupe mobile. Nicole Chevallier supervise également le déménagement du théâtre vers la rue Rodo en 1984, marquant la transition d’un théâtre d’amateurs chevronnés vers une institution professionnelle reconnue, tout en conservant l’esprit chaleureux et accessible qui fait la force du TMG.
John Lewandowski (1991 – 2002) :
la professionnalisation s’accélère
Dans les années 1990, John Lewandowski est nommé à la direction du théâtre et initie une modernisation radicale. Il met fin à l’utilisation de voix enregistrées et transforme les pratiques scéniques : désormais, les marionnettistes doivent dire leur texte et manipuler à vue. L’ancienne troupe est dissoute et remplacée par des comédien-nes professionnel-les formé-es (peu à peu) à la marionnette. Cette évolution, à la fois technique et artistique, s’accompagne d’un élargissement du rayonnement du théâtre, qui accueille de plus en plus de troupes suisses et internationales, et développe les premières actions de médiation, avec visites de coulisses et ateliers pour les spectateurs.
Guy Jutard (2002 – 2015) :
la multiplication des techniques et des publics
À partir de 2002, Guy Jutard succède à John Lewandowski et le TMG se diversifie encore davantage. Il élargit le public aux tout-petits, en introduisant des spectacles spécialement conçus pour les 1-3 ans, et intensifie les tournées. Les techniques de manipulation se multiplient, allant des marionnettes à tringles aux bunraku, aux ombres et aux formes hybrides, tandis que les matériaux de fabrication des marionnettes évoluent, incorporant PET, plastazote, mousse latexée, papier kraft et ficelle. Ces innovations permettent au TMG de proposer des spectacles toujours plus créatifs et variés, tout en consolidant sa réputation d’institution pionnière dans les arts de la marionnette.
Isabelle Matter (2015 – aujourd’hui) :
un théâtre ouvert et en mutation
Depuis 2015, Isabelle Matter assure la direction du TMG avec une vision tournée vers l’ouverture, la pluridisciplinarité et le lien avec tous les publics. Sous son impulsion, le théâtre développe de nouvelles formes de création et de médiation : des ateliers intergénérationnels, des collaborations avec des associations soutenant des publics éloignés ou empêchés, ainsi que des formats innovants comme les Cabarets en chantier, laboratoires de création de formes courtes destinés aux professionnel-les. C’est également sous sa direction que le projet de la Maison de la Marionnette voit le jour (-> Perspectives d’avenir).